Prairies, fermes et reblochon : ce que le tracé prend à l’agriculture
L’autoroute prendra pour toujours environ 70 hectares de terres agricoles, surtout des prairies, dont 48 dans la zone du Reblochon. Une compensation finance des projets agricoles, mais ces terres ne reviendront pas, et elles manqueront encore plus les années de sécheresse. Un pré exproprié se paie environ 1,8 € le m², un terrain à bâtir voisin environ 270 €.
Le tracé traverse une campagne de prairies permanentes, de vergers et de fermes laitières, au cœur de la zone d’appellation d’origine protégée Reblochon. Pour une exploitation, l’autoroute peut couper une parcelle en deux, rallonger un chemin, faire disparaître une part du fourrage.
≈ 70 hade terres agricoles perdues définitivement, surtout des prairies permanentesAutorité environnementale, 2026Comprendre ce chiffre
Ce que c’est : la surface agricole que l’autoroute occupera pour toujours (chaussée, talus, bretelles, bassins). L’emprise du chantier est bien plus large : environ 177 ha pendant les travaux, dont 56 ha annoncés comme restituables ensuite.
Et les 56 ha à restituer, dans quel état ? L’Autorité environnementale écrit qu’ils sont « susceptibles d’être restitués afin qu’ils retrouvent un usage proche de leur état initial » (p. 40). Susceptibles ne promet rien, et proche ne veut pas dire identique. Ces terres auront servi de pistes, de dépôts et d’aires de stockage de matériaux : un sol tassé par les engins peut mettre des années à redevenir une bonne prairie. L’avis ne dit ni en combien de temps, ni qui contrôlera la remise en état, ni si les agriculteurs qui les exploitaient pourront les reprendre.
D’où vient le chiffre : l’avis de l’Autorité environnementale, qui écrit « de l’ordre de 70 ha agricoles, en majorité de prairies permanentes » (p. 31). La part exacte de prairies n’est pas donnée. L’étude préalable agricole (Chambre d’agriculture Savoie Mont Blanc) est annexée au dossier, mais elle ne figure pas dans les pièces de l’autorisation publiées en ligne, où les annexes de l’étude d’impact se réduisent à un lien de téléchargement.
Ce que ça change : ces hectares ne reviendront pas à l’agriculture. Au moins 55 ha seront imperméabilisés (la chaussée et les bretelles seulement, sans les autres voiries ni les parkings), sans aucune compensation de cette imperméabilisation (Autorité environnementale, p. 18).
48 hade ces terres dans la zone de l’appellation d’origine protégée (AOP) ReblochonAutorité environnementale, 2026Comprendre ce chiffre
Ce que c’est : la part des 70 ha qui nourrit aujourd’hui des vaches dont le lait devient du reblochon, par le pâturage ou par le foin. Selon la liste des communes de l’aire (cahier des charges de 2013), toutes les communes du tracé en font partie, sauf Anthy-sur-Léman, Loisin et Thonon.
Pourquoi c’est important : le cahier des charges impose que le fourrage de base des vaches vienne de l’aire de l’appellation. Sauf dérogation, un hectare de prairie perdu dans l’aire ne se remplace pas par du foin acheté ailleurs. Tout sur le reblochon et l’A412.
Ce que ça représente (estimation du collectif) : environ 35 à 55 vaches laitières, 215 000 à 375 000 litres de lait et 55 000 à 95 000 reblochons par an, soit 160 000 à 270 000 € de lait en moins chaque année pour les fermes. Le calcul détaillé.
6exploitations perdent entre 5 % et 17 % de leur surfaceAutorité environnementale, 2026Comprendre ce chiffre
Ce que c’est : la part de la surface agricole utile (les terres qu’exploite la ferme) qui disparaît, calculée ferme par ferme et non à l’échelle des communes. Six fermes perdent plus de 5 % de la leur ; la plus touchée, 17 %.
Ce que ça change : une ferme laitière qui perd un sixième de ses prés doit réduire son troupeau, acheter du fourrage ou trouver des terres ailleurs, dans une région où les terres agricoles sont rares et chères.
≈ 14,9 haexposés à un risque d’enclavementAutorité environnementale, 2026Comprendre ce chiffre
Ce que c’est : des parcelles qui ne sont pas détruites mais qui risquent d’être coupées de leur ferme par l’autoroute. Le projet prévoit des accès dédiés pour les desservir. Aucun remembrement n’est prévu pour recomposer les exploitations coupées (un remembrement échange et regroupe des parcelles ; on parle aussi d’aménagement foncier).
Ce que ça change au quotidien : sans remembrement, une ferme coupée en deux garde des prés des deux côtés de l’autoroute. Pour y aller, vaches et tracteurs doivent passer par les ponts et les passages prévus, parfois au prix d’un long détour, qui coûte du temps et du gazole à chaque traite et à chaque fauche. Or l’appellation Reblochon impose au moins 150 jours de pâturage par an, et les vaches reviennent à l’étable pour la traite. Un pré devenu trop loin risque de n’être plus que fauché, ou d’être abandonné.
Ce que prévoit la loi : quand un grand ouvrage compromet la structure des exploitations, le code rural prévoit que le maître d’ouvrage participe au financement d’un aménagement foncier (article L. 123-24). Pour l’A412, l’Autorité environnementale constate qu’« aucun aménagement foncier, agricole, forestier et environnemental n’est prévu » (p. 31).
3,5 M€de compensation collective versée par AMEDEA, 1,5 M€ ajoutés par le DépartementAutorité environnementale, 2026 ; Ecomedia, 9/07/2026Comprendre ce chiffre
Ce que c’est : une compensation économique et collective, prévue par le code rural pour les grands projets. Elle finance des projets pour l’économie agricole du territoire (groupes d’exploitants, coopératives, collectivités). AMEDEA verse 3 478 223 € (arrêté du 28 août 2026, art. 44), en sept versements annuels d’environ 500 000 €, et le Département de la Haute-Savoie ajoute 1,5 M€. L’État pilote un appel à projets lancé le 7 juillet 2026.
Ce qu’elle ne fait pas : elle n’indemnise pas les agriculteurs touchés un par un (cela relève de l’expropriation) et ne recrée pas les hectares perdus.
Qui paie ? Les 1,5 M€ du Département sont de l’argent public, celui des contribuables de Haute-Savoie. Le projet avait pourtant été présenté comme réalisé « sans aucune subvention d’équilibre de la part de l’État ou du Département » (Eiffage, 5 février 2024). Une partie de la réparation des dégâts agricoles est donc payée sur fonds publics. Qui paie si ça tourne mal ?
Ce que dit le dossier officiel
Dans son avis du 27 mars 2026, l’Autorité environnementale décompte environ 70 hectares de terres agricoles perdus définitivement, principalement des prairies permanentes, dont 48 hectares dans la zone de l’appellation d’origine protégée (AOP) Reblochon. Six exploitations perdent entre 5 % et 17 % de leur surface agricole utile. Environ 14,9 hectares risquent d’être enclavés, c’est-à-dire coupés de leur ferme, et des accès dédiés sont prévus. Aucun aménagement foncier (remembrement) n’est prévu pour recomposer les exploitations coupées.
L’Autorité environnementale demande aussi d’évaluer les effets cumulés du projet et de l’urbanisation permise autour de lui sur les terres agricoles et « la production alimentaire de proximité associée ».
La compensation agricole : ce qu’elle paie, et ses limites
Le code rural (articles D112-1-18 et suivants) oblige les grands projets à faire une étude préalable agricole : elle chiffre la perte pour l’économie agricole du territoire, puis fixe une compensation collective. Pour l’A412, le montant est de 3 478 223 € (arrêté du 28 août 2026, art. 44), versés par AMEDEA en sept versements annuels d’environ 500 000 €. Le Département ajoute 1,5 M€ de contribution volontaire, soit 5 M€. L’appel à manifestation d’intérêt, piloté par l’État, s’adresse aux groupes d’exploitants, coopératives, associations et collectivités. Il cible en priorité les douze communes du tracé et quatre communes où se trouvent des sièges d’exploitation touchés : Cervens, Draillant, Veigy-Foncenex et Saint-Cergues (Ecomedia, 9 juillet 2026).
Cette compensation a quatre limites :
- Elle est collective : elle finance des projets pour la filière et le territoire, et non les fermes touchées une à une. Les exploitants et propriétaires sont indemnisés à part, par la procédure foncière et, à défaut d’accord, par le juge de l’expropriation.
- Elle est économique : elle ne rend pas de terres, et les 70 ha restent perdus.
- Sa méthode n’est pas publique. Le calcul type multiplie la valeur de la production perdue par hectare, la surface et une durée de reconstitution, puis applique un coefficient d’investissement. Les coefficients retenus pour l’A412 ne sont pas connus, car l’étude préalable agricole, annexée au dossier, n’est pas publiée avec les pièces de l’autorisation.
- Sa gestion reste floue : l’arrêté du 28 août 2026 prévoit seulement un groupe de travail, un bilan annuel et un délai de cinq ans au plus après les travaux (art. 45) ; on ne sait ni qui choisit les projets, ni avec quels critères.
Le reblochon, premier touché
Les 48 hectares pris dans l’aire de l’appellation nourrissent aujourd’hui des vaches dont le lait devient du reblochon. Selon notre estimation, cela représente 55 000 à 95 000 reblochons par an, et 160 000 à 270 000 € de lait en moins chaque année pour les fermes. Le dossier sur le reblochon explique pourquoi il dépend autant des prés, ce que les sécheresses de 2022 et 2026 ont montré et ce que l’autoroute retire à la filière : tout sur le reblochon et l’A412.
Expropriations : ce que disent les expropriés, ce que dit la loi, ce que valent les terrains
Ce que disent les expropriés. De nombreux propriétaires expropriés, en contact avec le collectif, affirment ne pas avoir reçu leur indemnité alors que leurs parcelles sont déjà défrichées. La presse relaie des plaintes concordantes :
- Librinfo74 cite un propriétaire qui dit n’avoir reçu aucune notification d’expropriation pour la parcelle en cours d’abattage, et des agriculteurs qui dénoncent des « prix dérisoires » ;
- La Relève et La Peste, reprenant Reporterre, écrit que le défrichement aurait commencé avant le paiement d’indemnités à d’anciens propriétaires, dont certains contestent le montant, et qu’une centaine de parcelles resteraient à exproprier. Un avocat, interrogé anonymement par Reporterre, y résume l’enjeu : « Si on arrache tous les arbres qui donnent de la valeur au terrain, avant que le juge ne soit venu, on prive complètement les propriétaires vendeurs de leurs droits ! »
Ce sont leurs déclarations, recueillies de première main pour certaines. Le collectif rassemble les pièces (promesses de vente, notifications, ordonnances, relevés de paiement) pour les publier avec l’accord des personnes. Aucune décision de justice n’a encore constaté d’indemnité impayée. Vous êtes concerné ? Racontez votre situation au collectif, anonymement si vous le souhaitez.
Ce qui est établi. Au 5 décembre 2025, sur 1 492 parcelles à acquérir, 474 avaient fait l’objet d’une promesse de vente et les contacts restaient à engager pour 600 (Autorité environnementale, p. 19). Le concessionnaire annonce des offres amiables fondées sur les ventes des trois dernières années ; faute d’accord, le juge de l’expropriation fixe l’indemnité. On ne prend possession d’un terrain qu’après le paiement ou la consignation de l’indemnité (sa mise de côté pour le propriétaire).
Ce que dit la loi sur le prix. Un terrain exproprié est payé selon son usage effectif un an avant l’enquête publique (code de l’expropriation, art. L322-2). Il n’est payé comme terrain à bâtir que s’il était, à cette date, à la fois constructible d’après le plan local d’urbanisme et desservi par la voirie et les réseaux (art. L322-3). Un pré est donc payé comme un pré, même si l’on y construit ensuite une autoroute à 2 × 2 voies dont le péage rapportera jusqu’en 2079. S’y ajoute une indemnité de remploi, pour les frais d’achat d’un bien équivalent (art. R322-5), et, pour l’agriculteur qui exploite la parcelle, l’indemnisation de sa perte d’exploitation. Pour une parcelle boisée, l’indemnité doit aussi compter le bois sur pied, que le chantier récolte et vend (le bois abattu).
Le calcul : un même terrain, payé comme un pré ou comme un terrain à bâtir. Nous avons repris toutes les ventes de terrain nu enregistrées autour du tracé de 2021 à 2025 (fichier public des demandes de valeurs foncières, DVF, des notaires et de la Direction générale des finances publiques).
≈ 1,8 €/m²un pré ou une terre de plus de 0,5 ha, à moins de 5 km du tracé : 18 300 € l’hectareDemandes de valeurs foncières 2021-2025, calcul du collectifComprendre ce chiffre
Ce que c’est : le prix médian (la moitié des ventes est moins chère, l’autre moitié plus chère) de 79 ventes de terres et de prés d’au moins 0,5 ha, sans bâtiment, à moins de 5 km de l’axe de l’A412. La moitié des ventes se situe entre 1,1 et 3,3 €/m².
D’où vient le chiffre : les « demandes de valeurs foncières » géolocalisées (Etalab, Direction générale des finances publiques), ventes de 2021 à 2025 ; prix = valeur de la vente ÷ surface. Le barème officiel de 2024 donne pour la Haute-Savoie une valeur dominante de 9 490 € l’hectare, de 2 000 à 27 310 € : le Chablais est dans le haut de la fourchette.
Ce que ça change : c’est l’ordre de grandeur de ce qu’un pré exproprié vaut au sens de la loi.
≈ 270 €/m²un terrain à bâtir à moins de 2 km du tracéDemandes de valeurs foncières 2021-2025, calcul du collectifComprendre ce chiffre
Ce que c’est : le prix médian de 85 ventes de terrains à bâtir sans bâtiment, à moins de 2 km de l’axe, dans les communes du tracé. La moitié des ventes se situe entre 195 et 351 €/m² ; le lot médian fait 660 m².
D’où vient le chiffre : même fichier, même méthode ; les prix montent d’année en année (255 €/m² en 2021, 327 €/m² en 2025).
Ce que ça change : c’est ce que vaut un terrain dès qu’on a le droit d’y construire.
× 150l’écart entre les deux, au mètre carréCalcul du collectifComprendre ce chiffre
Ce que c’est : 270 ÷ 1,8. Sur un hectare : environ 18 000 € payé comme un pré, 2,7 M€ au prix du terrain à bâtir voisin.
Ce que ça change : pour les quelque 70 ha agricoles que l’autoroute prend pour toujours, l’écart va d’environ 1,3 M€ à environ 190 M€.
| Pour… | Payé comme un pré (≈ 1,8 €/m²) | Au prix du terrain à bâtir voisin (≈ 270 €/m²) |
|---|---|---|
| 1 000 m² (une parcelle moyenne) | ≈ 1 800 € | ≈ 270 000 € |
| 1 hectare | ≈ 18 000 € | ≈ 2,7 M€ |
| 70 ha agricoles de l’emprise définitive | ≈ 1,3 M€ | ≈ 190 M€ |
Ce que ce calcul dit, et ce qu’il ne dit pas. Il mesure un écart : la terre est achetée au prix du foin, puis on y bâtit un ouvrage dont le concessionnaire attend environ 3,2 milliards d’euros courants (sans corriger l’inflation) de chiffre d’affaires d’ici 2079 (L’argent de l’A412). Il ne dit pas ce que la loi devrait accorder : elle paie l’usage d’avant, et une autoroute n’est pas un lotissement ; un petit lot viabilisé ne se compare pas terme à terme à un hectare de pré. Les prix réellement payés par AMEDEA ne sont pas publics : le fichier des ventes ne dit pas qui achète, et certaines ventes récentes près du tracé peuvent être ses propres acquisitions. AMEDEA a toutefois annoncé ses prix : « entre 12 000 et 15 000 €/ha pour les prairies », « entre 5 000 et 6 000 €/ha pour la forêt » (son directeur, Eco Savoie Mont Blanc, 14 janvier 2026), sur la base de l’estimation des Domaines. Cela fait 1,2 à 1,5 €/m² pour un pré, moins encore que la médiane des ventes.
Méthode : ventes de terrain nu de Haute-Savoie, 2021 à 2025, où la vente ne comprend aucun bâtiment et une seule catégorie de terrain (terres, prés, pâtures et vergers d’un côté ; terrains à bâtir de l’autre). Distance mesurée à l’axe publié en 2026. Les ventes à moins de 2 km se trouvent à Allinges, Bons-en-Chablais, Thonon-les-Bains, Ballaison, Perrignier, Anthy-sur-Léman, Margencel, Brenthonne, Machilly, Lully, Saint-Cergues, Loisin, Fessy et Cervens. Les petites ventes agricoles (moins de 0,5 ha) sont écartées : jardins et terrains d’agrément s’y mêlent, et certaines se vendent déjà au prix du terrain à bâtir.
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Ce qu’avancent les coopératives et les associations
Les chiffres des associations rejoignent pour l’essentiel ceux du dossier officiel :
- France Nature Environnement (FNE) Haute-Savoie compte 70 ha agricoles, « dont 50 ha d’AOP Reblochon » (l’Autorité environnementale dit 48 ha). Elle estimait en octobre 2024 que « 75.000 reblochons ne pourraient plus être produits localement » chaque année, puis « plus de 100.000 » en juin 2026, parce que la zone de production « n’est pas extensible ». Selon elle, « les propositions de compensations ou de terres hors zone AOP sont inacceptables pour la trentaine d’exploitations concernées ».
- Stop A412 parle de 25 fermes touchées, liées pour la plupart aux coopératives laitières de Cervens et de Brenthonne, et de 23 emplois directs. Selon les coopératives, ajoute-t-il, 100 000 reblochons ne seraient plus produits chaque année, soit 30 M€ de chiffre d’affaires sur la durée de la concession.
- La Confédération paysanne de Haute-Savoie estime que le projet « portera un coup terrible à plusieurs dizaines de fermes, et indirectement à l’ensemble de l’écosystème agricole local », dont les coopératives laitières de Brenthonne et de Cervens et la filière reblochon (Librinfo74, 3 septembre 2026).
Ces associations n’ont pas publié le détail de leurs calculs. L’estimation de 75 000 reblochons tombe dans notre propre fourchette (55 000 à 95 000 par an), celle de plus de 100 000 juste au-dessus.
Le monde agricole mobilisé
Le 22 juin 2024, les agriculteurs du Chablais, « tous syndicats confondus », ont dessiné un grand « NON » avec 50 tracteurs, selon France Nature Environnement (FNE).
La Confédération paysanne de Haute-Savoie juge le projet « anachronique ». Au sortir d’un été de sécheresse où, écrit-elle, « le fourrage manque », elle reproche aux élus locaux et à l’État de juger « pertinent de raser 76 hectares de forêt, d’assécher au minimum 56 hectares de zones humides (dont de nombreuses prairies, parmi les milieux les plus résistants aux sécheresses et les plus riches en biodiversité), de mutiler 40 cours d’eau ». L’Autorité environnementale compte de son côté 84,9 ha de « milieux forestiers et fourrés » et 55,9 ha de zones humides touchés (p. 51). Pour la Confédération paysanne, le projet « bafoue un nombre invraisemblable de nos lois et de nos engagements, notamment en matière climatique » (Librinfo74, 3 septembre 2026 ; La Radio Plus, 2 septembre 2026).
Sources
- Demandes de valeurs foncières géolocalisées, Haute-Savoie 2021-2025 (Etalab, DGFiP)
- Barème indicatif de la valeur vénale moyenne des terres agricoles en 2024 (décision du 26 août 2025) · 2025-08-26
- Code de l’expropriation — article L. 231-1 (prise de possession après paiement ou consignation)
- Code de l’expropriation, art. L322-2 (usage effectif)
- Code de l’expropriation, art. L322-3 (terrains à bâtir)
- Code de l’expropriation, art. R322-5 (indemnité de remploi)
- Avis de l’Autorité environnementale n° 2026-003 (§ 2.3.5, agriculture, p. 31 ; foncier, p. 19) · 2026-03-27
- Groupe Ecomedia — A412 : 5 M€ pour la compensation collective agricole · 2026-07-09
- Code rural, articles D112-1-18 à D112-1-23 (compensation collective agricole)
- Montpellier SupAgro / INRA — Dynamiques laitières en Haute-Savoie : l’AOP Reblochon au service du développement du territoire ? · 2018-01-01
- Le guide du fromage — Reblochon (4 litres de lait pour un reblochon de 500 g)
- Eiffage, communiqué du 5 février 2024 (« sans aucune subvention d’équilibre ») · 2024-02-05
- Code rural et de la pêche maritime, article L. 123-24 (aménagement foncier lié aux grands ouvrages)
- INAO — cahier des charges de l’AOP Reblochon (version soumise à opposition, § 5.2)
- Arrêté du 25 octobre 2022 modifiant temporairement le cahier des charges (sécheresse) · 2022-10-25
- franceinfo / AFP — règles de production assouplies pour le reblochon en raison de la sécheresse · 2026-09-01
- Web-agri / AFP — les fromages souffrent d’un été 2022 trop chaud · 2022-08-27
- Librinfo74 — chantier de l’A412 : passage en force et droit de travers · 2026-09-22
- La Relève et La Peste — les citoyens s’opposent aux abatteuses · 2026-09-22
- Stop A412 — l’agriculture
- FNE Haute-Savoie — Autoroute A412 : désenclavement ou destruction du Chablais ? · 2026-06-08
- Arrêté du 31 mai 2024 relatif aux projets d’envergure nationale ou européenne · 2024-05-31
- Arrêté préfectoral n° DDT-2026-1079 du 28 août 2026 portant autorisation environnementale (compensation collective agricole, art. 44 et 45) · 2026-08-28
- FNE Haute-Savoie — Le monde agricole dit non à l’A412 · 2024-10-10
- Groupe Ecomedia — Philippe Le Sénéchal : « Les travaux de l’A412 devraient démarrer en septembre 2026 » (prix d’achat annoncés) · 2026-01-14
- Librinfo74 — la Confédération paysanne 74 prête à intervenir pour empêcher les travaux de l’A412 · 2026-09-03
- La Radio Plus — le projet « bafoue un nombre invraisemblable de lois » selon la Confédération paysanne · 2026-09-02
Informations vérifiées le 2026-10-04.

