Vous voulez savoir ce qui est décidé ? Voici le tracé de l’autoroute à péage entre Machilly et Thonon, son coût, son calendrier et l’avis de l’Autorité environnementale, avec les actes officiels un par un.
Si vous habitez près du tracé : deux ans et demi de chantier, puis une autoroute jusqu’en 2079, fin de la concession. En 2048, 51 maisons dépasseront les seuils de bruit. Avec l’autoroute, on rejettera 6 % d’oxydes d’azote de plus que sans elle, et des chemins seront fermés pour toujours. Le temps gagné dépend d’un péage cher et de bouchons qui se déplacent plus loin.
Une consultation où se sont exprimés à peine 3 habitants sur 100, des engins arrivés un week-end après la signature, un coût qui a bondi de 150 M€ sans explication, des avis d’experts défavorables et des documents introuvables. Voici, point par point et sources à l’appui, ce qui cloche dans ce dossier.
Le reblochon naît de l’herbe : son appellation impose des vaches au pré et un fourrage local. L’A412 retire 48 hectares à son aire. Selon notre estimation, cela fait 55 000 à 95 000 reblochons et 160 000 à 270 000 € de lait en moins chaque année pour les fermes, pour toujours. Avec les sécheresses, chaque pré compte davantage.
L’autoroute prendra pour toujours environ 70 hectares de terres agricoles, surtout des prairies, dont 48 dans la zone du Reblochon. Une compensation finance des projets agricoles, mais ces terres ne reviendront pas, et elles manqueront encore plus les années de sécheresse. Un pré exproprié se paie environ 1,8 € le m², un terrain à bâtir voisin environ 270 €.
Construire l’A412 émet 120 000 tonnes équivalent CO₂, y rouler en ajoute 130 000 en vingt ans, et les sols artificialisés ne stockeront plus 36 000 tonnes : 286 000 tonnes au total, selon l’Autorité environnementale. Elle juge le projet non conforme à la stratégie nationale bas-carbone. D’où viennent ces chiffres, ce qu’ils ne comptent pas, et les questions qui restent ouvertes.
Le chantier détruit près de 56 hectares de zones humides et traverse la zone qui protège le captage d’eau potable du Bois d’Anthy. Le Conseil national de la protection de la nature a rendu un avis défavorable sur la destruction d’espèces protégées. Vous trouverez aussi ce que stockaient les arbres abattus, et ce que l’on peut dire, ou non, de la chaleur.
Le Léman Express et les bus 271 et H roulent déjà, et des bus prioritaires sur la route du bord du lac (RD1005) sont prévus pour 2029-2030. Une ligne de train vers le Valais attend sa réouverture, et une véloroute longe le lac. Pour chaque alternative : ce qu’elle offre, à qui, ce qui la limite et ce qu’elle émet.
22 600 habitants du Chablais travaillent en Suisse. La plupart de ceux qui vont à Genève vivent à l’ouest, où l’autoroute ne leur sert pas. Qui la prendrait, où iraient les voitures à la sortie, et ce que le péage de l’A41 Nord, ouverte en 2008, annonce pour l’A412.
L’usine Evian de Danone, à Publier, expédie 75 à 90 % de ses bouteilles par le train, selon Evian : le rail fonctionne déjà. L’A412, elle, est pensée pour la route : les camions seraient interdits sur les départementales et poussés vers un péage poids lourds 60 % plus cher que la moyenne. Ce que l’on sait, et les questions à poser.
Environ 414 millions d’euros, dont 50 d’argent public dès le départ. Pour les usagers, un péage parmi les plus chers de France au kilomètre. Pour les contribuables, un contrat qui fait revenir l’argent public si le pont-rail dépasse son budget ou si l’État rachète l’autoroute. Les chiffres, en images, et le calcul pas à pas.
Gain de temps, routes désengorgées, zéro argent public, sécurité, emplois, environnement : chaque bénéfice annoncé par le concessionnaire, confronté au contrat, aux avis des autorités publiques et aux analyses des associations. Et la liste de contrôle de ses engagements, avec leurs échéances.
Aller plus loin
Chronologie du projet — Décisions, chantier et mobilisation : chaque étape datée, avec sa source.
Les objections au projet — Les critiques et les alternatives publiées par les associations et les syndicats, attribuées à leurs auteurs.