L’A412 en 2 minutes
Une autoroute, ce sont des chiffres. Ici, chacun devient une image : des terrains de football, des reblochons, des billets, des animaux, un paysage. Faites défiler, puis partagez l’image qui vous parle.
Le projet
16,5 km
d’autoroute à péage entre Machilly et Thonon-les-Bains. Elle compte 2 × 2 voies et traverse les prés, les bois et les zones humides du Bas-Chablais.
Source : Autorité environnementale, avis du 27 mars 2026
Le paysage, le climat
286 000 tonnes
d’équivalent CO₂ en plus, pour le chantier et vingt ans de circulation, en pleine urgence climatique. Le chantier retourne 177 hectares de prés, de bois et de zones humides pour y poser une autoroute que l’Autorité environnementale juge « par nature assez massive » : les haies replantées mettront 10 à 20 ans à la cacher. Pour cette même Autorité, le projet « ne peut être regardé comme conforme » à la stratégie nationale bas-carbone.
Source : Autorité environnementale, avis du 27 mars 2026 (climat p. 29-30, emprise p. 40, paysage p. 53-54)
La place qu’elle prend
248 terrains de foot
C’est la surface retournée par le chantier : 177 hectares de prés, de champs, de bois et de zones humides. L’autoroute en gardera au moins 120 pour toujours, dont environ 70 hectares de terres agricoles. Les 56 autres sont seulement « susceptibles d’être restitués », sans date ni garantie : un sol tassé par les engins peut mettre des années à redevenir une prairie.
Source : Autorité environnementale, avis du 27 mars 2026, p. 40 ; conversion A412.info (1 terrain = 0,714 ha)
Ce qu’on ne produira plus
55 000 à 95 000 reblochons
par an, chaque année, pour toujours. C’est ce que permet de fabriquer le lait des vaches nourries par les 48 hectares de prés que l’autoroute prend dans l’aire du Reblochon. France Nature Environnement (FNE) Haute-Savoie, qui compte 50 hectares en AOP, parle de plus de 100 000 reblochons par an qui « ne pourraient plus être produits localement ».
Source : Estimation A412.info, calcul détaillé sur la page Reblochon ; FNE Haute-Savoie, 8 juin 2026
L’eau du robinet
550 m
d’autoroute dans la zone de protection rapprochée du captage d’eau potable du Bois d’Anthy. Ce captage alimente le secteur de Thonon. Pour l’Autorité environnementale, c’est le tronçon « le plus critique » du projet.
Source : Plan des périmètres (arrêté préfectoral) reporté par A412.info ; Autorité environnementale, 2026
Les éponges du territoire
78 terrains de foot
de zones humides touchées par le chantier, soit 55,9 hectares de marais, de prairies humides et de bords de ruisseaux. L’arrêté d’autorisation reconnaît lui-même que le projet « génère la destruction de 56 ha de zones humides ». Ces milieux retiennent l’eau et la rendent aux rivières l’été.
Source : Autorité environnementale, avis du 27 mars 2026, p. 51 ; arrêté préfectoral du 28 août 2026 ; conversion A412.info
Les animaux
Au moins 144 espèces
d’oiseaux, d’amphibiens et de chauves-souris recensées autour du tracé : 110 espèces d’oiseaux (dont 90 y font leur nid), 10 d’amphibiens et 24 de chauves-souris, toutes protégées pour ces deux derniers groupes. Ce ne sont que les groupes que l’Autorité environnementale chiffre : elle cite aussi le castor d’Eurasie, l’écureuil roux, des reptiles, des poissons comme la truite fario, un papillon protégé, le cuivré des marais, et des plantes protégées comme l’œillet superbe et la buxbaumie verte. Le chantier touche 85 hectares de forêts et de fourrés, 2,9 km de haies et 56 hectares de zones humides où ils vivent (pour ces zones humides, l’arrêté parle de « destruction »), malgré l’avis défavorable du Conseil national de la protection de la nature.
Source : Autorité environnementale, avis du 27 mars 2026, p. 44 (espèces) et p. 51 (milieux touchés) ; arrêté préfectoral du 28 août 2026 ; Conseil national de la protection de la nature, 26 février 2026 ; total A412.info
La taille du projet
≈ 4 200 €
par habitant de l’agglomération de Thonon : c’est le coût du projet, environ 414 millions d’euros hors taxes (364 millions pour l’autoroute et environ 50 millions pour supprimer deux passages à niveau à Perrignier), divisé par ses 98 527 habitants. Personne ne recevra cette facture. Qui paie, alors ? Les automobilistes d’abord : AMEDEA avance l’argent de l’autoroute et se rembourse avec le péage jusqu’à la fin de la concession, en 2079. Les contribuables ensuite : les 50 millions des passages à niveau sont de l’argent public (35 millions pour la SNCF, 15 pour le Département), et le Département paie tout dépassement du budget du pont-rail d’Allinges au-delà des 25 millions payés par AMEDEA.
Source : Autorité environnementale, avis du 27 mars 2026, p. 4 et 10 ; contrat de concession, art. 24.2 et 24.3 ; Insee 2026 (25 communes) ; calcul A412.info
Ce que paie un frontalier
≈ 7,20 €
l’aller-retour sur l’A412 à l’ouverture, en 2029, soit environ 3,60 € le trajet. Pour un frontalier qui la prend 220 jours par an, cela fait environ 1 580 €. Au kilomètre, ce péage est 36,9 % plus cher que celui des autoroutes concédées récemment.
Source : Contrat de concession, art. 25.4 ; Autorité de régulation des transports, 2024 ; calcul A412.info
Le temps gagné, puis perdu
+ 6,5 minutes
pour rejoindre Genève en voiture en 2042, par rapport à 2019, autoroute comprise. Ce sont les études du concessionnaire, relevées par France Nature Environnement (FNE) Haute-Savoie. À l’ouverture, on gagnerait environ 6 minutes. Mais le trafic continue de grossir, et l’autoroute débouche sur les mêmes bouchons, aux douanes et sur les routes locales : en 2042, les trajets prendraient 12,5 minutes de plus qu’à l’ouverture.
Source : France Nature Environnement (FNE) Haute-Savoie, 8 juin et 1er septembre 2026, d’après les études du concessionnaire
La consultation
3 sur 100
Sur cent habitants de l’agglomération, à peine plus de trois, au mieux, ont donné leur avis à la consultation du public. Elle se faisait seulement en ligne. Pour France Nature Environnement (FNE) Haute-Savoie, elle « a pourtant recueilli près de 50 % d’avis négatifs, sans que cela n’infléchisse la décision ».
Source : Arrêté préfectoral du 28 août 2026 (3 216 contributions) ; FNE Haute-Savoie, 9 septembre 2026 ; Insee 2026 ; calcul A412.info
La précipitation
3 jours
entre la signature de l’autorisation par le préfet (vendredi 28 août 2026) et l’arrivée des engins (lundi 31 août). Le nouveau préfet avait pris ses fonctions onze jours plus tôt.
Source : Journal officiel du 23 juillet 2026 (nomination) ; ODS Radio ; La Radio Plus ; Le Faucigny, 2026